Acheter des actions EDF ?
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Faut-il acheter des actions EDF ?
Normalement, à chaque mise en Bourse d'une entreprise publique, la question ne se pose pas : il faut y aller les yeux fermés. Ce n'est pas le cas cette fois-ci. Pourquoi ? Les menaces de grèves contre la dénationalisation, ou les effets de manche des socialistes qui nous promettent une renationalisation tordue, via la Caisse des Dépôts, n'y sont pour rien. Ca c'est de la politique politicienne. Le vrai problème concerne la valorisation de la société. Que les actions EDF soient vendues entre 28,50 euros et 33,10 euros ne nous dit rien. Ce qui compte, comme pour n'importe quelle action, c'est le rapport entre cette fourchette de prix et les bénéfices nets d'EDF cette année et, mieux encore, les années suivantes. Les bénéfices futurs ne sont pas connus. En Bourse, on investit toujours en faisant un pari sur l'avenir. Pour le moment, nous n'avons une idée que des bénéfices de cette année soit 2,6 milliards d'euros.
Sur cette base, EDF sera offert au grand public au plus à 24 fois ses bénéfices et au moins à 20 fois. Même le plus bas de ces chiffres est élevé. Par rapport à quoi ? Par rapport aux autres groupes européens d'électricité, comme Endesa en Espagne, Enel en Italie ou EON en Allemagne, qui valent plutôt 13 fois leurs bénéfices de cette année. En somme, EDF serait introduit 50 % plus cher que ses concurrents. C'est beaucoup. Il est vrai que notre électricien, champion dans sa catégorie, bénéficie d'une position unique grâce au nucléaire. Il est non moins vrai que toutes les Sicav qui suivent l'indice CAC 40 seront bientôt obligées d'en acheter, car il va rapidement rejoindre l'indice. Il est vrai aussi qu'EDF s'est engagé à distribuer au moins la moitié de ses bénéfices à ses actionnaires. Mais il faudrait que ces bénéfices doublent pour en faire une vraie valeur de rendement, ce qui assurerait le succès de sa mise en Bourse.
A moins que les analyses qui vont sortir ces jours-ci ne lui voient un avenir en rose, la mise en Bourse d'EDF risque d'être un semi-échec populaire. Dommage, car il s'agit de l'entreprise dont les Français ont le plus envie d'être actionnaires. Pourvu que le gouvernement choisisse le plus bas de sa fourchette de prix.
Source: Votreargent.fr, Nov 2005 |